Mi-juin, rideaux rouges, Bouffes Parisiens. 20 heures pile. Le théâtre, à l’italienne, 600 places, crépite d’attente. Derrière le velours, une chambre blanche, presque sage. Télé cathodique, chaîne hi-fi, téléphone filaire. Tout droit sortis d’un vide-grenier de 1994. On attend presque que la bande FM grésille.
Irma entre, douce silhouette et guitare en embuscade. Elle s’assoit au bord du lit comme on entre dans un souvenir. Première gifle émotionnelle : Miss Celie’s Blues, la balade culte de La Couleur pourpre. La salle, hypnotisée, fredonne déjà. Guitare posée, elle en attrape une autre, plantée près du micro. Les accords glissent, soul à fleur de peau. Entre deux morceaux, elle papote. Pas façon diva. Façon copine de fac qui t’invite à dîner et, entre la salade et le dessert, lâche une phrase qui te reste : “Je me suis fait une promesse, toujours garder mon âme d’enfant”.
La setlist navigue entre soul, blues, rap et afro beats. Parfois confession intime, parfois éclat de rire. Find Your Way Home se fait mantra : se retrouver en soi-même. Elle se souvient de 2008, YouTube encore artisanal, et raconte comment tout a commencé. Puis, soudain, elle lâche les guitares pour des pas de danse qui font exploser la salle. Afro pulse, épaules qui roulent, public debout.
Fin du set. Standing ovation. Elle revient, seule, sans filet, pour un de ses plus grands titres, a capella, comme une caresse finale. Les lumières se rallument, mais on n’est pas pressés de quitter la chambre. L’album arrive début d’année prochaine. Et quelque chose nous dit qu’on y retournera.
