En juillet, Brive-la-Gaillarde vit au rythme des fortes chaleurs, du Tour de France, des concerts et des tables de la gastronomie corrézienne. Pendant le Lovely Brive festival, des milliers de fans de musique se pressent à l’Espace des 3 Provinces, nouveau lieu de rendez-vous, pour réunir encore plus de festivaliers. © Site officiel de Brive

À Brive, l’été corrézien se déguste à l’ombre des pierres

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Rédaction Rapporteuses
Observatrices curieuses et infatigables, Rapporteuses racontent le monde qui les entoure avec un regard à la fois précis et espiègle. Du glamour des soirées parisiennes aux...
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À Brive-la-Gaillarde, juillet a cette manière particulière de mélanger les plaisirs : un déjeuner qui s’étire, un concert dans une grange de château, un village médiéval découvert au détour d’une route, une visite d’ardoisière ou une dégustation de liqueur de noix. Alors que la chaleur s’installe sur la Corrèze et que la ville s’apprête à vibrer au rythme du Tour de France et du Lovely Brive Festival, une échappée gourmande et culturelle se dessine autour de la cité gaillarde.

À la descente du train, commencer par manger

Arrivée à Brive par la gare, et la première envie est presque instinctive : trouver une table. Pas besoin ici de construire un itinéraire compliqué, la ville se prête à une découverte lente, qui commence par un déjeuner et se poursuit au fil des rues, des marchés et des vieilles pierres. Pour une première halte, Chez Francis, avenue de Paris, donne immédiatement le ton. Dans cette institution briviste, les murs sont couverts de maximes, de citations et de mots signés par des écrivains ou des personnalités du monde artistique. Une façon très locale de rappeler que la ville entretient depuis longtemps un rapport étroit avec la littérature.

Et puis il y a l’assiette. Le pâté en croûte ouvre le bal, suivi notamment de nuggets de ris de veau accompagnés d’une sauce tartare. Pour terminer, la crème chiboust à la fleur d’oranger et sa compotée de rhubarbe jouent la carte du dessert généreux. Ici, la gastronomie n’est pas un supplément au voyage : elle en constitue l’une des premières étapes.

Après ce déjeuner, mieux vaut pourtant ne pas courir. La Corrèze connaît en ce mois de juillet des épisodes de forte chaleur qui invitent à adapter le programme : sorties le matin, pauses à l’ombre et visites culturelles aux heures les plus chaudes. Le Festival de la Vézère lui-même prévient d’ailleurs que certains concerts peuvent être déplacés en raison des fortes températures.

Dormir au centre et laisser la voiture quelques heures

Pour prolonger cette parenthèse sans reprendre immédiatement la route, l’Hôtel Le Quercy permet de rester au cœur de Brive. Installé dans le centre-ville, face au marché Georges-Brassens, il offre une base pratique pour découvrir la ville à pied. L’idée est simple : poser les valises, attendre que le soleil baisse et repartir.

Car juillet ne manque pas de raisons de rester dehors. Le 12 juillet, le Tour de France traverse la Corrèze. La 9ᵉ étape doit relier Malemort à Ussel et passer par Brive. La chaleur impose cependant une adaptation du parcours : les organisateurs ont prévu de raccourcir l’étape afin de tenir compte des conditions météorologiques. Quelques jours plus tard, du 16 au 19 juillet, c’est la musique actuelle qui prend le relais avec le Lovely Brive Festival. Quatre soirées durant lesquelles Brive accueille notamment Charlotte Cardin, Gaëtan Roussel, Skip the Use, Katy Perry, Vanessa Paradis, Ben Mazué et Aya Nakamura.

La ville change alors de rythme. On déjeune tard, on attend la fraîcheur du soir, puis on rejoint les concerts. Mais il serait dommage de réduire Brive à ses grands rendez-vous.

À dix minutes de Brive, entrer dans le monde de Colette

Il suffit de prendre la voiture pendant une dizaine de minutes pour changer complètement de décor. À Varetz, les Jardins de Colette occupent cinq hectares et racontent la vie de l’écrivaine à travers les paysages qui l’ont accompagnée. Le parcours est conçu pour les adultes comme pour les enfants, avec des espaces végétaux, un labyrinthe et des jeux géants. En juillet, les jardins prennent également une autre dimension.

Le 15 juillet, le Festival de la Vézère y installe le pianiste Jean-François Zygel pour un programme consacré à Mozart. Une balade musicale avec les élèves du conservatoire de Brive est également prévue à 17 heures. Et à partir du 22 juillet, les Jardins de Colette passent en mode années folles. Chaque mercredi soir, jusqu’au 12 août, une « Garden Rétro Party » propose un Cluedo géant, des concerts et une immersion dans l’atmosphère des années 1920. Le 22 juillet, le groupe La Bavarde doit ouvrir cette série de soirées.

Une sortie particulièrement adaptée aux journées où le thermomètre pousse à attendre le soir pour ressortir.

La musique classique choisit les châteaux plutôt que les salles climatisées

Le Festival de la Vézère donne justement une autre raison de prendre la route. Pour sa 45ᵉ édition, du 7 juillet au 11 août, il déploie 25 rendez-vous dans des églises, châteaux, jardins et autres lieux patrimoniaux de Corrèze. C’est l’une des particularités de cette manifestation : ici, le décor fait partie du concert. Le 23 juillet, les Pans de Travassac accueillent ainsi le guitariste Raphaël Feuillâtre et le violoncelliste Aurélien Pascal. Le lendemain, les deux artistes se retrouvent aux ardoisières d’Allassac pour un concert donné dans cet environnement minéral.

Le 27 juillet, rendez-vous à la Grange du Château du Saillant. À 17 heures, la jeune pianiste italienne Martina Meola est programmée, avant le récital d’Uladzislau Khandohi à 20 heures. Entre les deux, une visite guidée de la chapelle du Saillant permet de découvrir ses vitraux réalisés par Marc Chagall.

La soirée permet alors de comprendre ce qui fait le charme du Festival de la Vézère : écouter de la musique classique sans avoir l’impression d’entrer dans un musée.

Saint-Robert, quand les vieilles pierres racontent les guerres de Religion

À quelques dizaines de kilomètres de Brive, la route conduit à Saint-Robert, l’un des Plus Beaux Villages de France depuis 1982. Le village est perché à environ 350 mètres d’altitude, sur une butte calcaire qui offre une vue dégagée sur la campagne corrézienne. Mais son charme ne tient pas seulement à ses maisons anciennes et à ses ruelles.

Son histoire est beaucoup plus mouvementée. Saint-Robert s’est développé autour d’un prieuré bénédictin au XIIᵉ siècle. Son église romane, aujourd’hui classée monument historique, a été fortifiée au XIVᵉ siècle avec des tours destinées à défendre le village. Puis les guerres de Religion ont profondément marqué le lieu : au XVIᵉ siècle, les affrontements entre catholiques et protestants entraînent notamment la destruction d’une partie de l’édifice.

En plein été, il suffit de quitter les rues les plus fréquentées, de s’approcher de l’église et de regarder les pierres pour comprendre que le paysage corrézien est aussi un paysage politique et religieux.

À Donzenac, l’ardoise se poursuit jusque dans l’assiette

Pour déjeuner, une halte à Donzenac permet de prolonger cette découverte du territoire. À L’Ardoise Fûtée, labellisée Bistrot de Pays, la cuisine se veut ancrée dans le terroir et dans les produits locaux. Le nom du restaurant n’est d’ailleurs pas choisi au hasard : dans cette partie de la Corrèze, l’ardoise est partout.

Quelques kilomètres plus loin, à Travassac, les Pans de Travassac permettent de comprendre pourquoi. L’ancienne carrière d’ardoise constitue un véritable paysage industriel à ciel ouvert. On y découvre le travail des ardoisiers et les techniques d’extraction dans un site où la roche semble avoir été découpée à même la montagne. Et le 23 juillet, le lieu ne se contente pas d’être un site patrimonial : il devient aussi une salle de concert à ciel ouvert avec le Festival de la Vézère. Raphaël Feuillâtre y est programmé à 10 heures, puis Aurélien Pascal à 11 heures.

Voilà peut-être l’une des meilleures façons de comprendre la Corrèze : déjeuner, visiter, écouter de la musique, sans jamais vraiment quitter le même paysage.

À Brive, terminer par une histoire de noix

Il reste enfin une dernière étape, presque obligatoire pour qui veut comprendre les goûts du pays de Brive. La distillerie Denoix, boulevard du Maréchal-Lyautey, existe depuis 1839. Cinq générations s’y sont succédé et la maison est aujourd’hui labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant. Son histoire est intimement liée à la noix, avec notamment la Suprême Denoix, le vin de noix Quinquinoix et la moutarde violette de Brive.

En juillet, la maison ouvre également le lundi. Des visites guidées gratuites sont proposées à 14 h 30 du mardi au vendredi, avec dégustation à la clé. Et pour les visiteurs qui passent à la mi-juillet, un moment particulier mérite l’attention : c’est la période du broyage et du pressage des noix vertes destinées à la fabrication des liqueurs et apéritifs de la maison.

Après les châteaux, les villages, les concerts et les carrières, la visite se termine donc autour d’un verre.

Une escapade où l’on ne choisit jamais entre culture et gourmandise

Il y a finalement plusieurs façons de visiter Brive. Vous pouvez venir pour un festival, pour le Tour de France, pour quelques jours en famille ou simplement pour manger. Vous pouvez choisir les vieilles pierres ou la musique, les jardins ou les marchés, les villages ou les savoir-faire.

Mais le plus intéressant est précisément de ne pas choisir. En juillet, lorsque la chaleur impose de ralentir, Brive se prête particulièrement bien à cette forme de voyage. Déjeuner à l’ombre, visiter un jardin en matinée, attendre le soir pour un concert, prendre la route vers un village perché, puis revenir en ville pour découvrir une maison qui fabrique depuis près de deux siècles des liqueurs à base de noix.

Une destination à taille humaine, où la gastronomie n’accompagne pas le voyage, mais l’un des fils conducteurs.

Plus d’infos :

Brive site

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