Taylor Swift la reine de la Pop © Instagram

Pop en or massif : la star qui a mis Wall Street à ses pieds

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Cheveux blond blé, sourire d’ange et mental de trader, Taylor Swift a transformé ses refrains en machine à cash. Country girl sortie d’un patelin de Pennsylvanie, elle a troqué la guitare à fleurs contre des hymnes pop capables de remplir des stades, et des comptes en banque à dix chiffres.

Autrice-compositrice-productrice, elle a repris ses masters de haute lutte, humilié Apple en plein jour et imposé ses règles à l’industrie du streaming. Résultat : première artiste de l’histoire à devenir milliardaire uniquement grâce à sa musique. Dans le business, on l’appelle « la présidente ». Sur scène, c’est juste Taylor. Ses fans lui disent “merci”.

Dans la file qui serpente devant un disquaire marseillais, Camille, 22 ans, serre son tote-bag comme un bouclier. Objectif : mettre la main sur le Graal du jour, un vinyle collector de Taylor Swift, affiché à 49 euros. Dix minutes après l’ouverture, le rayon est déjà à sec, pillé par les « Swifties », petit nom que se donnent les fans de la chanteuse américaine.

Sur son bureau d’étudiante en ciné, Camille empile déjà une quinzaine de CD, un cardigan couleur lavande, trois affiches, un puzzle et un mug à l’effigie de son idole. « Je me limite à un objet par “ère” pour pas finir ruinée », lâche-t-elle, mi-gênée, mi-fière. Addition provisoire : 900 euros. Sans compter les 159 euros du billet pour The Eras Tour, le 12 mai à Paris.

D’ici fin 2024, 53 concerts, 20 pays. Les arènes se remplissent, les comptes gonflent. Selon Bloomberg, 370 millions de dollars de la fortune de Taylor viennent de ses tournées et du merchandising. Aux États-Unis, un fan dépense en moyenne 1 300 dollars pour un show : billet, hôtel, train, paillettes.

La revanche sur l’industrie

Les deux dates parisiennes, les 9 et 12 mai, affichent complet (35 000 spectateurs par soir). Lyon suivra en juin (57 000 places vendues). Mais derrière les paillettes, un business de fer : Taylor a réenregistré ses six premiers albums après que leurs masters ont été rachetés par un producteur puis refourgués à un fonds d’investissement sans son accord.

« Par solidarité, j’ai bazardé mes vieilles versions et racheté les nouvelles », explique Clara, 28 ans, prof de musique. Résultat : les “Taylor’s Versions” détrônent les originaux. L’album 1989 (Taylor’s Version) a même explosé son propre record : 1,65 million d’exemplaires écoulés en sept jours.

Apple, le bras de fer

En 2015, Taylor se paye un bras de fer avec Apple Music. Motif : la plateforme ne comptait pas rémunérer artistes et producteurs pendant les trois mois d’essai gratuits. « C’est pas aux musiciens de financer vos promos », écrit-elle sur son blog. Menace : retirer tout son catalogue. Apple plie, elle encaisse.

Aujourd’hui, elle est la seule artiste à franchir le cap du milliard uniquement grâce à sa musique : 400 millions pour son catalogue, 80 millions de royalties, des négos béton sur le streaming. « Elle a compris avant tout le monde que posséder ses masters, c’était posséder son avenir », résume Malik Dervaux, critique musical.

À 34 ans, Taylor Swift ne chante pas seulement pour remplir les stades. Elle joue aussi pour gagner, et sur ce terrain-là, elle ne connaît pas la défaite.

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