Sandrine Sophie, la fondatrice de Kalia Nature, a développé son expertise autour de la santé du cheveu et du cuir chevelu, en devenant trichologue certifiée. La Martiniquaise nous dévoile sa méthode, sa formation, ses outils et ses objectifs. © @sandrinesophie.ceo / Instagram

« Le cuir chevelu est la terre de nos cheveux » : Sandrine Sophie, fondatrice de Kalia Nature, passe au crible la trichothérapie

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Chute de cheveux, casse, manque de pousse, cuir chevelu déséquilibré… Et si la santé de nos cheveux commençait bien avant la fibre visible ? Fondatrice de Kalia Nature, marque française spécialisée dans les cheveux texturés, Sandrine Sophie a choisi d’approfondir son expertise en se formant à la trichologie. Une démarche qui résonne avec son propre parcours, marqué par un psoriasis et une perte de cheveux pendant son cancer du sein, et qui lui permet aujourd’hui de mieux comprendre les problématiques du cuir chevelu et d’accompagner ses clients dans le choix de leurs soins.

À travers la trichothérapie, qu’elle définit comme une approche « globale et personnalisée », la fondatrice de Kalia Nature observe le cheveu, le cuir chevelu mais aussi les habitudes et le mode de vie. Scanner équipé d’intelligence artificielle, analyse de l’humidité, de la température et de certains déséquilibres : la technologie vient compléter son expertise, sans jamais prétendre remplacer la médecine.
Car pour Sandrine Sophie, le cheveu ne se résume pas à ce que le miroir donne à voir. « Le cuir chevelu est la terre de nos cheveux », explique-t-elle, rappelant que stress, fatigue, hormones ou état de santé général peuvent se refléter sur la chevelure. Une nouvelle façon de penser le soin, particulièrement intéressante pour les cheveux bouclés, frisés et crépus, au cœur de l’expertise de Kalia Nature.

Entretien

Rapporteuses : Vous êtes aujourd’hui présentée comme trichologue certifiée. Qu’est-ce qui vous a conduite à vous former à cette discipline, après plusieurs années consacrées aux cheveux texturés et à la formulation cosmétique ?

Sandrine Sophie : Ayant souffert de psoriasis pendant plusieurs années et ayant perdu mes cheveux lors de mon cancer du sein, il me semblait important de mieux comprendre le cuir chevelu et les différentes problématiques capillaires. Me former à la trichologie était une suite logique, notamment pour accompagner le développement de nouveaux produits avec une expertise plus précise et toujours adaptée aux besoins réels.

Rapporteuses : Le terme « trichothérapie » reste encore peu connu du grand public. Comment définiriez-vous simplement cette méthode et en quoi se distingue-t-elle d’un diagnostic capillaire classique ou d’un soin traditionnel du cheveu ?

S.S. : La trichothérapie est une approche globale et personnalisée du cheveu et du cuir chevelu. Elle ne s’arrête pas à leur apparence : elle prend aussi en compte les habitudes, l’hygiène de vie et l’historique de la personne. Contrairement à un soin traditionnel, elle cherche à comprendre l’origine du déséquilibre pour proposer une routine adaptée. Elle ne remplace toutefois pas un diagnostic médical et, si nécessaire, le trichologue doit orienter son client vers un dermatologue, car il ne se substituera jamais à l’avis médical d’un professionnel de santé.

Ce qui m’a particulièrement marquée, c’est le lien entre le stress, l’alimentation, la santé générale et l’état des cheveux. Cela permet d’avoir une approche plus globale et personnalisée.

Sandrine Sophie

Rapporteuses : Quelle formation avez-vous précisément suivie pour pratiquer cette méthode ? Combien de temps a-t-elle duré et quels enseignements vous ont particulièrement marquée ?

S.S. : J’ai suivi une formation spécialisée en soins capillaires et en trichologie auprès d’un organisme agréé. Elle comprenait une semaine intensive en présentiel, suivie de cours pratiques en distanciel. J’y ai approfondi le fonctionnement du cuir chevelu, le cycle de vie du cheveu, les différentes formes d’alopécie et l’utilisation de la caméra trichologique. Ce qui m’a particulièrement marquée, c’est le lien entre le stress, l’alimentation, la santé générale et l’état des cheveux. Cela permet d’avoir une approche plus globale et personnalisée.

Rapporteuses : Concrètement, que se passe-t-il lors d’une séance ? Comment observez-vous le cuir chevelu et le cheveu, et quelles sont les différentes étapes de votre prise en charge ?

S.S. : Cette formation me permet avant tout de compléter mon expertise de formulatrice et mieux accompagner le développement de nouveaux produits, notamment pour le cuir chevelu. Je pratique la trichologie principalement lors d’événements et de salons, afin d’aider nos clients à choisir les produits les plus adaptés à leurs besoins.

La séance commence par un échange sur les habitudes et les problématiques rencontrées. J’utilise ensuite un scanner de dernière génération développé par une entreprise coréenne. Grâce à l’intelligence artificielle, il analyse rapidement différents indicateurs comme l’humidité, la température ou certains déséquilibres du cuir chevelu, en plus des résultats classiques que l’on observe. Les résultats sont comparés à une large base de données selon différents critères, notamment l’âge, le phototype et le type de cheveux (notamment les cheveux texturés).

Cette analyse ne remplace pas un diagnostic médical. Elle nous permet surtout de mieux orienter le client dans le choix de ses produits. Lors des événements, elle est généralement offerte et chacun peut repartir avec ses résultats en scannant un QR code pour les consulter tranquillement chez lui.

Pour moi, le cuir chevelu est la terre de nos cheveux. La fibre visible est une matière morte, mais le follicule pileux, la vascularisation et tout ce qui se trouve sous le cuir chevelu sont bien vivants.

Sandrine Sophie

Rapporteuses : Quels problèmes ou déséquilibres capillaires peuvent conduire une personne à consulter ? La méthode s’adresse-t-elle uniquement aux cheveux texturés ou à toutes les natures de cheveux ?

S.S. : Les demandes les plus fréquentes concernent la chute de cheveux, le manque de pousse, la casse ou encore les signes liés à l’âge. Le diagnostic capillaire ne s’adresse pas uniquement aux cheveux texturés, même si cette pratique y est présente depuis longtemps. Elle concerne toutes les natures de cheveux et connaît aujourd’hui un nouvel intérêt avec l’essor des Head Spas venus d’Asie. Je conseille d’ailleurs aux coiffeurs de se former à la trichologie. Comprendre les besoins et les problématiques de leurs clients permet de mieux les accompagner, mais aussi de créer une relation de confiance durable.

Rapporteuses : Quelle place accordez-vous au cuir chevelu dans la santé globale de la chevelure ? Et pourquoi est-il encore, selon vous, aussi souvent oublié dans les routines capillaires ?

S.S. : Pour moi, le cuir chevelu est la terre de nos cheveux. La fibre visible est une matière morte, mais le follicule pileux, la vascularisation et tout ce qui se trouve sous le cuir chevelu sont bien vivants. Le stress, la fatigue ou certains bouleversements de la vie peuvent donc se refléter sur l’état de nos cheveux. En Europe, nous sommes encore peu sensibilisés à l’importance du cuir chevelu, y compris dans les formations en coiffure. Les produits ont longtemps été conçus pour améliorer surtout l’apparence de la fibre. Mais les pratiques venues d’Asie font évoluer les habitudes, et les consommateurs recherchent désormais des soins plus spécifiques pour le cuir chevelu. En tant que marque capillaire, nous devons écouter cette demande et y répondre.

Face à une chute importante ou soudaine, des douleurs, des lésions, une inflammation persistante ou une suspicion de maladie, j’oriente systématiquement la personne vers un dermatologue ou un médecin.

Sandrine Sophie

Rapporteuses : Peut-on réellement agir sur la qualité ou la croissance du cheveu grâce à ce type d’approche ? Que peut-on raisonnablement attendre d’une séance et, surtout, quelles sont les limites de la méthode ?

S.S. : Cette approche ne fait pas pousser les cheveux à elle seule. Elle permet surtout de mieux comprendre l’état du cuir chevelu, d’identifier certains déséquilibres et d’adapter les produits et les habitudes. Lorsqu’une routine est bien choisie et suivie régulièrement, les premiers résultats probants sont généralement visibles à partir de trois mois. La régularité est essentielle, car le cycle du cheveu demande du temps. Les résultats dépendent aussi de nombreux facteurs, comme la génétique, les hormones, le stress ou l’état de santé général. La trichologie ne remplace pas un diagnostic médical. En cas de chute importante, d’inflammation ou d’anomalie, j’oriente toujours la personne vers un dermatologue ou un professionnel de santé.

Rapporteuses : Comment distinguez-vous ce qui relève d’un problème esthétique, d’un déséquilibre du cuir chevelu ou d’une situation qui nécessite l’intervention d’un dermatologue ou d’un médecin ?

S.S. : Le rôle du trichologue est d’observer le cuir chevelu et la fibre capillaire, puis de proposer des conseils et une routine adaptée. Son expertise s’arrête là où commence la médecine. Lorsqu’un problème concerne surtout l’aspect ou l’entretien du cheveu, comme la sécheresse, la casse ou le manque de brillance, un accompagnement cosmétique peut suffire. En revanche, face à une chute importante ou soudaine, des douleurs, des lésions, une inflammation persistante ou une suspicion de maladie, j’oriente systématiquement la personne vers un dermatologue ou un médecin. Le trichologue accompagne, mais ne pose pas de diagnostic médical et ne prescrit pas de traitement.

Rapporteuses : Les cheveux texturés présentent des caractéristiques particulières en matière de sécheresse, de casse ou de soins. Votre approche de la trichologie est-elle différente lorsqu’il s’agit de cheveux bouclés, frisés ou crépus ?

S.S. : Chaque personne est différente, et son cheveu l’est aussi. Mon approche reste donc toujours personnalisée. Cependant, les cheveux texturés présentent souvent des problématiques communes, comme la sécheresse, la casse ou une plus grande difficulté à conserver l’hydratation. L’environnement joue également un rôle important. Les cheveux bouclés, frisés ou crépus peuvent réagir différemment selon le climat, l’humidité, le froid ou la qualité de l’eau. J’en tiens compte pour proposer une routine adaptée à la fois à la texture du cheveu, au cuir chevelu et au mode de vie de la personne.

Rapporteuses : Pourquoi avoir choisi aujourd’hui d’intégrer cette expertise à l’univers de Kalia Nature ? Est-ce une nouvelle étape pour la marque, qui passerait du soin cosmétique à une approche plus globale de la santé du cheveu ?

S.S. : C’est avant tout parti d’un besoin personnel, puis de l’envie de toujours mieux comprendre les attentes et les problématiques de nos clients. Cette expertise représente une vraie valeur ajoutée dans notre manière de les accompagner, avec une approche plus globale du cheveu et du cuir chevelu. Kalia Nature a déjà démontré son expertise des cheveux texturés à travers la qualité de ses produits. Aujourd’hui, nous souhaitons aller encore plus loin dans cette exigence. Cette évolution correspond pleinement à nos valeurs : sublimer les cheveux texturés tout en valorisant les ingrédients issus de la pharmacopée caribéenne.

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