Retour dans la gueule du monstre. Deux ans après avoir traumatisé les salles obscures, Smile se paie une suite et replonge dans le cauchemar. Parker Finn, toujours aux manettes, pousse le curseur un cran plus loin : la créature invisible, celle qui force ses victimes à un rictus de mort, revient pour brouiller les pistes entre réel et hallucination.
Au centre, Naomi Scott. Skye Riley à l’écran, pop star à la vie en miettes, le regard fuyant et le micro tremblant. Ex-addict, ex-fuyarde, elle se retrouve proie de cette malédiction qui suinte par les fissures de sa vie. La mise en scène joue à brouiller les repères : reflets qui mentent, sons qui rampent, réalité qui se désosse.
La peur au bord des lèvres

Révélée dans Aladdin version live-action, voix chaude et présence lumineuse, Naomi Scott débarque ici sur un terrain qu’elle n’avait encore jamais foulé : l’horreur psychologique. Elle ne surjoue pas la panique : son effroi transpire dans les silences, les regards qui cherchent une sortie. C’est une Skye vulnérable mais pas cassée, crispée dans sa volonté de tenir debout alors que tout s’effondre autour. Les frissons se glissent dans les creux, accentués par la bande-son poisseuse de Cristobal Tapia de Veer, où chaque note semble grincer contre le métal.
Quand le showbiz devient cimetière

Smile 2 n’effraie pas que par ses spectres. Finn s’amuse à tordre le miroir de la célébrité : interviews absurdes, excuses publiques millimétrées, diktats de l’industrie du divertissement… La star doit sourire même quand l’ombre lui arrache la gorge. Entre deux jump scares, une satire grinçante de la culture pop, vite rattrapée par l’horreur pure.
Oui, ça aurait pu être plus resserré. Oui, le scénario se perd parfois dans ses fausses pistes. Mais la suite tient la route, nourrit la mythologie, gratte sous le vernis du premier opus. Les fans seront servis : tension permanente, esthétique malade, rires nerveux vite étranglés. Et au milieu de tout ça, Naomi Scott, sourire crispé, yeux fous : l’image qui reste quand les lumières se rallument.
Photo : Barbara Nitke
© 2024 Paramount Pictures.