Le 25 janvier, sous les ors feutrés du Cercle National des Armées, une brochette de visages médiatiques et d’anonymes engagés s’est retrouvée pour saluer l’effort, l’audace, la persévérance. Dix trophées décernés pour saluer ceux qui œuvrent, souvent loin des projecteurs, au nom d’un mot que la République brandit mais peine parfois à incarner : méritocratie.
Et puis, au milieu de tout cela, un revenant. Damso. Le poète des marges, le rappeur des silences, est sorti de sa retraite annoncée, ou mise en scène ? pour recevoir le Prix Art & Culture. Sobre, présent, accompagné de sa compagne Syenna, William Kalubi de son vrai nom, né à Kinshasa en 1992, avait brouillé les pistes en 2023 en annonçant une pause. Mais voilà qu’il revient, et pas les mains vides : un nouvel album est déjà en préparation pour 2025. Titre : Béyâh.
Un engagement discret récompensé


Damso, c’est d’abord une plume. Un scalpel aussi, qui dissèque les failles, l’intime, le social. Des récits où l’amour rime avec abîme, où la société se regarde en face. Un succès foudroyant, porté par des projets comme Ipséité ou QALF, et une reconnaissance commerciale qui ferait pâlir bien des artistes, des dizaines de singles de diamant, aux côtés de Ninho. Mais Damso, c’est aussi un engagement discret : campagnes humanitaires, sensibilisation à l’éducation, lutte contre la pauvreté. Une célébrité comme mégaphone, sans tapage.
Le prix lui a été remis devant un parterre d’invités éclectique : la comédienne Ophélie Mézino, le designer Fabrice Zaady, et d’autres encore. Une reconnaissance de plus, qui rejoint ses Victoires de la Musique et ses MTV Awards, mais avec un supplément d’âme : ici, c’est le fond qui prime sur le bruit.
Derrière cet événement, un trio aux profils bien trempés : Louvenor Jean-Pierre, banquier militant, Ismaël M’Baye, chercheur en droit public et président de l’association Expressions de France, et Rosemonde Pierre-Louis, écrivaine et communicante, à la tête de l’agence C Pas de la Com. Militante de la première heure contre les violences sexuelles faites aux enfants, elle a profité de la tribune pour rappeler, sans détour : “Un agresseur peut être n’importe qui. Un père, un frère, un collègue.” Son dernier livre, Je ne suis pas ta mère, est un cri celui d’une survivante, celui d’une société trop souvent sourde.
Mais ce 25 janvier, on célébrait. L’engagement, dans toutes ses déclinaisons. L’hydrologue Emma Aziza pour ses travaux sur le climat, l’ex-champion de boxe Jean-Marc Mormeck, le militant écologique Nicolas Froissard, Angelo Gopee (Live Nation France), et l’avocate pénaliste Dorothée Bisaccia-Bernstein, figure du barreau parisien. Un aréopage d’horizons différents, mais unis par une idée simple : mériter n’est pas un gros mot.
Rendez-vous est déjà pris pour 2026. Le mérite aussi mérite sa scène.